dimanche 21 octobre 2012

« THE MASTER »

Drame américain écrit, produit et réalisé par Paul Thomas Anderson, «The Master» est sorti cette année en 2012! Il nous fait découvrir à travers une fiction bien travaillée la base de la secte qu'est l'Église de Scientologie.

RÉSUMÉ


Freddie Quell, vétéran de la marine américaine, rejoint son pays dans un état mental troublé et teinté par l'alcool. Son avenir plutôt incertain sera tranquillement amené à se préciser grâce à sa rencontre avec Landcaster Dodd, maître dans bien des domaines, qui pas à pas crée un étrange groupe religieux aux travers d'essais. Pour son deuxième livre, Freddie deviendra alors le cobaye et le protégé du Maître. L'ascension de ce qui s'annonce comme étant une secte causera tout un tumulte autour du gourou et de Freddie qui tentera non pas sans effort d'éclaircir le brouillard ayant pris place dans sa tête.


CRITIQUE


À aimer ou à détester, ce film a engendrer en moi de grandes réflexions. L’histoire suivant une ligne directrice plus ou moins définie nous fait traverser le brouillard de la compréhension des sectes. On découvre à travers un jeu d'acteur très intéressant les vies fortement liées de deux personnages pas particulièrement attachants. Car cette histoire fait grandement appel à la réflexion et à l'attention du spectateur, il est assez facile de tout manquer pour quiconque étant distrait. D'un chapitre à l'autre, liens par-dessus liens sont faits pour courir jusqu'à un dénouement déroutant tout en nous présentant de drôles de valeurs. La manipulation doit être le thème principal de cette oeuvre survolant les grandes lignes de la psychologie humaine. Aussi, au niveau de la qualité des effets cinématographiques, je crois que les plans de ce film et ce qu'ils montrent, apportent un aspect très métaphoriques à l'histoire en général en nous proposant des images qui nous pousse à les analyser. C'est à voir pour les intéressés du mystère des sectes, mais sinon, c'est possible de s'en passer. Je donne alors 8,5/10 vu ma grande appréciation de l'histoire sous toutes ses lignes.


EFFETS CINÉMATOGRAPHIQUES


On peut retrouver dans ce film :



  • Un travelling avant alors que Landcaster Dodd vient présenter son deuxième livre à son public vers la fin du film.
  •  Un plan d'ensemble lorsque les principaux membres de la secte arrive dans un immense terrain plat ressemblant à un désert pour y faire de la visualisation et de la moto.
  • Un panoramique horizontal à la toute fin du film alors que Freddie entre dans le nouveau bureau du Maître en Angleterre.
En somme, tout est une question de goût, mais je vous le conseille pareil si vous désirez voir quelque chose qui sort des sentiers battus!

Robin Williams et son génie!

« Le cercle des poètes disparus » réalisé en 1989 par Peter Weir est un film de génie!


RÉSUMÉ

1959, une autre année de plus dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des meilleures, mais aussi des plus fermées de tous les États-Unis. Celle-ci accueillera cette année un nouveau lot d'étudiants tous promis à de grandes universités par leur parents, mais à peu d'intérêt pour les matières qui seront présentées. Par contre, un tout aussi nouvel enseignant prend place à l'académie; un enseignant de littérature nommé John Keating, ou « Oh Capitaine, mon capitaine! » pour les intimes. Peu conformiste, il fera de ses élèves des libres-penseurs, des poètes, mais avant tout des hommes libres contredisant ainsi les quelques valeurs du directeur principal. Confrontations, émotions, liberté et expression rimeront toutes dans cette histoire sillonnant à travers le chemin de la réalisation personnelle et professionnelle.

CRITIQUE

Inspirant, ressourçant, dynamique et touchant, ce film nous offre une palette d'émotions de toutes les couleurs. Robin Williams, dans le rôle du professeur Keating, nous démontre encore une fois qu'il est bel et bien un acteur accompli, tout aussi génial que l'oeuvre qu'il nous présente. Les autres acteurs ne font que rajouter aux hommages que l'on peut donner à ce film par l'histoire qu'ils exposent d'une manière réelle, à laquelle on adhère en plus d'en redemander. C'est incroyable à quel point il devient facile de s'attacher aux personnages si crédibles et même de les encourager à aller plus loin dans leur cheminement ou de s'arrêter pour nous laisser revenir de nos émotions. Une oeuvre délectable qui lance plus qu'un laurier à l'écrivaine du roman de base, Nancy H. Kleinbaum. Les effets sont tout aussi exceptionnels, avant tout la mince profondeur de champ qui apporte un côté  interprétatif intéressant à l’histoire. La traduction aurait pu être quelque peu améliorée au niveau de la qualité sonore; mais tout de même, 9.5/10, sans hésiter.

EFFETS LUMINEUX

Dans ce film, il est possible de remarquer divers effets d'éclairage de base plutôt intéressant à observer. En voici donc 3:

Lumière de décrochage, 00:20:05

Knox, un ami de Todd et de Neil (les deux protagonistes), a rencontré une fille qui lui plaît plus que tout. Lorsqu'il s'assoit à la table du salon étudiant pour leur en parler, une lumière de décrochage est utilisée pour le séparer du décor arrière.


Lumière de décrochage, 00:26:28

Le professeur Keating, dans le cadre de son deuxième cours avec ses élèves qui déjà l'adorent, présente les fondements de la poésie et de l'âme du poète tout en inspirant profondément son auditoire. Une lumière de décrochage décroche sa silhouette de celle des autres élèves en arrière-plan.


Lumière de décrochage, 00:42:09

Le professeur Keating présente sa matière d'une façon assez comique alors que les cours avancent tranquillement. Encore une fois, une lumière de décrochage le déloge de l'arrière-plan.



Cet effet est généralement utilisé, comme j'ai pu le remarquer, pour contrer un effet de noirceur afin d'éviter d'apporter un côté sombre ou mélancolique au personnage.


Comme d'habitude, je vous conseille fortement d'aller louer ce chef d'oeuvre qui probablement se distinguera  du grand nombre de film que vous avez côtoyés! (Merci pour votre lecture! :P )



vendredi 12 octobre 2012

M. Lazhar

BAACHIIIIIIIIIIIIIR!

CHEEEESE!
...

Il n'y a aucune différence entre ces deux mots pour des enfants souriant pour leur photo de classe; leur dernière photo de classe de tout leur primaire. Par contre, plein de sens en ressort lorsque l'on comprend que c'est le prénom de leur nouvel enseignant, M. Lazhar, et que c'est le signe même de son acceptation dans sa nouvelle classe. La raison de sa présence est par contre bien morbide: le suicide de l'ancienne et aimée professeure, Martine. Dans le contexte du film «Monsieur Lazhar» de Philippe Falardeau sorti en 2011, ces événements troublants, attendrissants, touchants et dévastants viennent nous montrer une réalité plus que crédible à travers cette fixction époustoufflante qui nous fait réfléchir sur la vie en société dans le Québec d'aujourd'hui et sur le comportement humain en général. Alors, vous ne savez pas quoi faire ce soir, vous avez besoin de réfléchir et de combler un vide imcompréhensible qui terre votre être, et bien maintenant vous savez quoi faire.

mercredi 3 octobre 2012

« LE SIXIÈME SENS »

Encore une fois, à des fins d’analyse, j’ai écouté un film. Celui-ci traite d’un sujet hors de l’ordinaire à travers deux personnages attachants qui nous font entrer dans un univers mystérieux : le monde des esprits (des revenants, si vous préférez). Son titre, « Le 6e sens ». Il a été réalisé et écrit par M. Night Shyamalan, réalisateur d’origine indienne, et est apparu en 1999. À travers des scènes de haut suspense lors desquelles même les mouches n’osent pas bouger, de brillantes morales nous sont transmises dans ce film tout aussi brillant.

SYNOPSIS


Malcom Crowe (Bruce Willis) est un psychologue pour enfant de grand talent qui a tout pour être heureux. Par contre, le soir même où il célèbre l’obtention d’un prix de compétence de la ville avec sa femme, Malcom reçoit une balle dans les reins de la part d’un de ses anciens patients qu’il n’avait su guérir et qui entra chez lui par effraction. Depuis ce point, toute sa vie bascule jusqu’au jour où il rencontre Cole (Haley Joel Osment), petit enfant de 9 ans souffrant du même mal que son agresseur : il voit les esprits. En se côtoyant, peu à peu, chacun affectera la vie de l’autre de manière positive malgré toutes les contraintes, toute la peur et tous les non-dits.



EFFETS CINÉMATOGRAPHIQUES



Plan-séquence, 00:17:14 à 00:19:15

Voici un magnifique plan-séquence de 2 minutes 1 seconde plein de mouvements agrémentés d’une caméra à l’épaule introduisant la famille monoparentale de Cole et sa mère. Alors que Cole a déjà été présenté dans le film en compagnie de Malcom, on le retrouve ici sous un nouvel angle, soit dans sa maison avec sa mère. Celle-ci court partout pour préparer le déjeuner, préparer Cole pour l’école, se préparer pour son travail ; elle est décidément présentée comme le stéréotype de la mère monoparentale affairée. Pour ce qui est de Cole, il est tranquille ; il déjeune. Par contre, le côté surnaturel lui étant associé se manifeste fortement dans cette scène. La caméra à l’épaule est utilisée pour montrer l’instabilité de la famille. Elle présente aussi le stress des matins occupés de semaine lors desquels tout bouge rapidement car tout doit être à l’heure. On peut remarquer dans ce plan-séquence évident plusieurs mouvements et plans de caméra intéressants tels que le plan rapproché taille, le plan américain, le travelling arrière, le panoramique circulaire, le travelling avant, la vue en plongée et bien d’autres. 


Champ-contre-champ, 00:21:44 à 00:26:12


Malcom parle avec Cole qui ne désire aucunement discuter. Il lui propose alors un jeu : il tente de lire dans sa tête en affirmant des constatations et à chaque bonne affirmation, Cole fait un pas en avant et s’approche du siège pour venir discuter et à chaque mauvaise affirmation, Cole s’éloigne vers la porte qui lui offre la possibilité de s’en aller. C’est cette scène que le champ-contre-champ entre Malcom et Cole présente. On peut y receler plusieurs effets intéressants. Entre autre, au début, alors que Malcom a tout vrai et que Cole avance de plus en plus, les plans sont tranquillement plus rapprochés sur chacun des personnages, alors que vers la fin, plus Cole s’éloigne car Malcom a tout faux, plus les plans sont éloignés. Cet effet démontre vraiment la volonté d’exposer le rapprochement et la distanciation entre les deux personnages alors que tout se joue dans le non-dit, les regards et les mouvements (principalement ceux de Cole).



Travelling arrière, 00:59:35 à 00:59:58


Ce travelling arrière présente l’une des scènes les plus joyeuses du film (celles-ci étant peu nombreuses). Cole et sa mère sont dans le stationnement de l’épicerie avec le panier à roulette plein d’aliments accompagnés de Cole. Sa mère accélère et le duo prend de la vitesse alors que Cole lève les bras vers le ciel profitant de ce moment d’exception avec sa mère. La caméra, pour cette scène, est devant le panier et recule en suivant le panier d’épicerie créant ainsi un effet d’euphorie et de plénitude totale tout en nous faisant sentir présent dans la scène, comme si on y était. Le ciel bleu qui transparaît derrière contrastant avec l’orange de la citrouille nous donne vraiment un sentiment de bonheur pur.


Overhead shot, 01:28:51 à 01:29:00

Dans cette scène, Cole et les autres élèves de l’école présentent une pièce de théâtre à leurs parents et à leurs enseignants. Tout le monde à la fin de celle-ci acclame Cole car, jouant Arthur dans la légende du roi Arthur, il a réussi à retirer l’épée scellée dans la roche. Les élèves soulèvent Cole et se mettent à tourner en cercle et finissent par tous tomber au sol. Encore une fois, c’est une scène plutôt joyeuse et même touchante du film. Elle signifie la réussite de Cole à affronter ses peurs tout en exploitant ses potentiels en aidant les esprits égarés. L’overhead shot nous trace un beau portrait de la joie des élèves tout en nous donnant une belle vue d’ensemble de ceux-ci tournant en rond et tombant.




Effet de portail, 00:39:29 à 00:40:24


Malcom écoute les vidéos de son mariage qu’Anna, sa femme, avait laissés tourner pendant qu’elle prenait sa douche. Une amie d’Anna un peu saoule dit à Malcom à travers la vidéo de prendre soin d’elle d’une drôle de façon. C’est une scène un peu triste malgré le côté comique exprimé par la manière de parler de l’amie d’Anna car en fait le couple de Malcom est loin de bien aller à ses yeux. L’effet de portail est simplement utilisé pour montrer la vidéo en plus d’un travelling avant qui crée un effet de rapprochement grandissant en s’approchant tranquillement de la télévision.



Caméo, 00:45:33 à 00:46:12


M. Night Shyamalan, le réalisateur, fait un caméo dans ce film comme dans plusieurs de ses autres films. Il incarne le Dr. Hill, soit celui qui accueille Cole, sa mère et Malcom à l’hôpital suite à la crise de Cole dû à un enfermement dans une petite pièce hantée à la fête d’un de ses amis. Il interroge Lynn pour savoir si elle bat son fils.



Couleur


Après avoir bien observé les scènes de ce film, j’ai pu remarquer que le rouge était fortement utilisé pour représenter entre autre le lien des morts au vivant. Par exemple, lorsque Cole aide Kyra, une petite fille décédée, à annoncer à son père que c’est sa mère qui l’a empoisonné, il y a un plan rapproché taille sur la mère qui est complètement vêtue de rouge aux funérailles avec un arrière-plan de roses rouges. Aussi, la poignée de la cave où travaille Malcom est rouge, Cole est souvent habillé en rouge, le ballon qui monte dans la cage d’escalier à la fête d’un ami de Cole est rouge, l’abri que Cole s’est fait pour se protéger des fantômes est fait de couvertes rouges et ainsi de suite.


 


CRITIQUE


Simplement Wow ! Quel film… J’ai adoré l’histoire, la fin, le contexte, l’environnement créé par les couleurs, les jeux de caméra et les ombres. Je me suis délecté tout autant du jeu des acteurs qui fut irréprochable. Haley Joel Osment est impressionnant – je me suis vraiment demandé comment il faisait pour être si bon alors qu’il est si jeune. – On découvre aussi un Bruce Willis sensible et émotif qui nous touche avec des larmes et des sourires. C’est émouvant, c’est troublant, c’est surprenant et empli d’un suspense qui nous tient en haleine et qui nous pousse à nous questionner. Le seul détail : en connaissant la fin, il y a beaucoup de scène qui ne fonctionne pas et qui ne sont point réaliste. Sinon, un gros 9,5/10 pour toutes les émotions que ce film sombre, dramatique et émouvant m’a fait vivre à travers une histoire magnifique. (Allez-vous le louer si vous ne l’avez pas encore acheter !) 


jeudi 27 septembre 2012

UN CHAT EST UN CHAT...?


DERNIÈREMENT, j'ai vu un film bien particulier - adaptation d'une bande dessinée de Joann Sfar - nommé LE CHAT DU RABBIN. Le mot pour le décrire serait...réfléchi (et en plus de mots; comique, divertissant, hors de l'ordinaire!).

SYNOPSIS

Dans les années du colonialisme français en Orient, le chat d’un rabbin vit tranquillement avec son maître et sa maîtresse. Un jour, après avoir mangé le perroquet du rabbin, il découvre la parole et commence par mentir. S’en suit alors une série de péripéties critiquant religion, linguistique et opinion populaire au cours d’un long voyage qui le mènera jusqu’au Jérusalem d’Afrique. Il expérimentera les sentiments humains dont l’amour et ira même jusqu’à réclamer sa Bar-Mitsva tout en observant les hommes dans leurs croyances souvent divergentes.

CRITIQUE

Clairement un film à voir pour la richesse de ses thèmes superbement abordés avec humour. J’ai ri, j’ai réfléchi et j’ai avant tout adoré. 10/10, sans hésiter : rien de m’a déplu. Il est surprenant comment même un film d’animation peut nous porter à réfléchir sur l’homme et ses croyances tout en nous divertissant comme ce film l’a fait. Les effets cinématographiques sont tout autant merveilleux et diversifiés; on croirait que le film a vraiment été filmé par des professionnels vu tous les plans, les mouvements de caméra et les angles de vue qui vous surprendront en plus de la qualité de l’animation. Je le conseille aux adeptes de la philosophie, à ceux qui apprécient les petits clins d’œil qui font sourire ainsi qu’à chaque personne désirant réfléchir sur le comportement humain. À la fin, peut-être verrez-vous votre chat sous un tout nouvel angle !

EFFET CINÉMATOGRAPHIQUE

J’ai relevé un effet cinématographique qui m’a bien plu à la fin du film. Dans le désert d’Afrique, le chat du rabbin est en plan américain ainsi qu’en contre-plongée. Il est en train de prier Dieu de façon un peu comique pour que celui-ci transmette à Zlabya, sa maîtresse, qu’il l’aime et qu’il pense à elle. La contre-plongée insère vraiment l’idée qu’il communique avec les cieux bleus et ténébreux de la nuit tout en nous donnant un joli angle de vue du chat envoyant sa prière à celle qu’il aime et qui dort quelque part à la maison qu’il a hâte de rejoindre.

dimanche 23 septembre 2012

« 99 FRANCS »


ET oui, voilà ! Déjà l’heure d’un deuxième texte critico-analytique portant sur une autre œuvre cinématographique. Cette fois, pas sur n’importe quelle … Cette fois, sur un film français mettant en scène le célèbre Jean Dujardin, acteur dans de nombreux films que j’ai véritablement apprécié tels « Brice de Nice » ou encore « OSS 117 », films brillant par leur stupidité et leur ridicule ! Désormais, il parait dans un film aux allures moyennement sérieuses possédant pourtant une morale de fond très sérieuse. Le nom du film, 99 FRANCS, réalisé par Jan Kounen, réalisateur originaire des Pays-Bas, et sorti en 2007. Je vous souhaite donc une bonne lecture, aussi bonne que la première du moins, je l’espère.


SYNOPSIS
Octave est un publiciste français pour la compagnie Ross & Witchcraft. Comme il le dit si bien :  « Je décide aujourd’hui ce que vous voudrez demain. » Il est drogué, superficiel, riche et s’habille avec la toute dernière tendance, à tous les jours, sans exception. À travers les réunions interminables, il commence à en avoir marre  de sa vie et à besoin de changements, de vrais changements. Il rencontre Sophie, femme de sa vie, mais se sépare d’elle aussi vite qu’il l’aura rencontré. Elle est enceinte de lui. Il est incapable. Il doit agir. Il doit préparer un grand coup pour sortir définitivement de son horreur quotidienne et pour retrouver Sophie…

Split Screen, 00:52:37 à 00:52:48
Octave, complètement défoncé, s’imagine en train de faire une publicité pour sa compagnie dans laquelle il mentionne (dans des propos haineux mais plutôt drôles) qu’il s’essuie avec  R&W pour avoir l’anus frais tout comme son haleine. Ce split screen a été utilisé pour créer un effet comique tout en démontrant la fraicheur partant de son anus jusqu’à sa bouche à l’aide de magnifiques petites étoiles.

Règle des tiers (points de force), 00:10:30 à 00:10:51
Octave se fait confier par son patron la responsabilité d’une rencontre pour la vente d’une pub auprès d’un client. Peu content, un effet de confrontation est alors créé par l’utilisation de la règle des tiers où Marc (à gauche) et Octave (à droite) se tiennent sur les deux  lignes opposées.


Entrées sorties de champ, 00:29:08 à 00:29:30
Cette scène est une représentation métaphorique de la vie d’Octave lors de laquelle il se trouve dans un super marché où il se tient assis sur un panier d’épicerie comme un produit de consommation alors que des doubles de lui-même font des entrées et des sorties de champs, s’enfuyant de lui-même. Des tonnes de personnes se mettent à faire la même chose en vitesse accélérée alors qu’Octave vire au transparent. Ces centaines d’entrées et de sorties de champs sont utilisées pour créer un effet d’accéléré, tout comme la vie d’Octave qui file tout comme le temps qui en fait tout autant. On veut aussi aller chercher l’aspect qu’il fuit ses problèmes et ses démons à travers ses doubles qui se sauvent de lui.

Champ-contre-champ, 01:09:11 à 01:09:29
Sur un fond d‘hypocrisie assez frappant, Octave discute avec Alfred Bullaire, directeur de Madonne, la compagnie de produit laitier pour laquelle il prépare une pub de yaourt. Celle-ci vient tout juste d’être filmée et Alfred remercie Octave alors qu’il vient tout juste de le traiter de  « gros con » dans son dos et Octave accepte les remerciements tout en préparant dans sa tête son plan pour la nouvelle pub qu’il fera pour remplacer l’autre lors de sa 1ère diffusion en onde. Le champ-contre-champ est utilisé pour créer un effet de proximité entre les deux personnages surtout vu l’utilisation du gros plan tout en montrant une certaine confrontation silencieuse qui prend tout son sens à travers leur regard hypocrite.


Regard-hors-champ, 00:15:13 à 00:15:20
 Une séance photo se déroule devant Charlie, Octave et Jeff qui préparent leur réunion pour Madone. Charlie observe le photographe et lui fait signe que son angle est super alors que l’on ne voit point celui-ci et que Charlie regarde hors du champ de la caméra. Ce regard-hors-champ est simplement utilisé pour que la scène soit moins ennuyeuse et que tous soient en action tout en ajoutant un petit côté comique avec Charlie qui fume un joint.

Profondeur de champ, 00:39:32 à 00:40:30
Dans cette scène, Madone a donné le last call à l’équipe d’Octave. Jeff, celui qui s’occupe de l’organisation et des finances, est complètement dérouté : il supplie Octave qui donne de la coke à son hamster  de développer un concept de pub dès maintenant. J’ai choisi cette scène pour démontrer la profondeur de champ qui est moyenne, selon moi,  car on peut remarquer que le focus est sur Jeff et qu’Octave est un peu flou en avant plan avec la cage de Qualinet, son hamster. Le fond est un tout petit peu flou vu la proximité qu’il partage avec Jeff. Donc, je crois que la profondeur de champ est moyenne car tout n’est pas complètement  flou en exception de ce sur quoi est le focus (faible profondeur de champ) et car tout n’est pas super clair non plus (profondeur de champ élevé). C’est un entre deux où la profondeur de champ est peut-être un peu plus basse que celle du film « Le Lauréat », mais tout de même moyenne.

Plan-séquence, 01:33:07 à 01:34:34
Ce magnifique plan-séquence est utilisé pour la scène lors de laquelle Sophie et Octave se retrouve avec leur petite fille sur une île perdue. On y retrouve un panoramique vertical, un travelling circulaire, un travelling avant, un plan américain, un plan moyen et j’en saute ! C’est une scène pleine d’émotions qui sont encore plus accentuées par ce plan-séquence émouvant.

Plan de grand ensemble, 01:29:52 à 01:30:00
Octave, désormais sur une île perdue après avoir fui la société, a mangé la racine d’une plante inconnue. Il fait une intoxication alimentaire et se met à déféquer partout. On le voit courir dans ce plan de grand ensemble jusqu’à la mer pour aller se « soulager ». Ce plan est un peu utilisé selon moi pour rire d’Octave qui passe d’un endroit à l’autre pour faire caca. Il est aussi utilisé pour montrer à quel point il est seul et désespéré sur cette île vide de population.

Plan d’ensemble, 00:29:37 à 00:29:39
À plusieurs reprises au cours du film, on voit Octave se suicider en se jetant en bas d’un édifice. Dans cette scène métaphorique, Octave se met à léviter en prenant une forme de croix pour remonter à la vie ; comme si une seconde chance s’offrait à lui. Ce plan d’ensemble en overhead shot donne un certain aspect féérique avec toutes les lumières et l’achalandage alentour d’Octave qui flotte dans l’air.

Plan moyen, 00:06:49 à 00:07:27
Au début du film, le personnage d’Octave est largement présenté. Ici, on le voit s’habiller avec les dernières  marques à la mode, debout, en regardant derrière la caméra comme s’il était devant un miroir. Ce plan est alors utilisé pour montrer la totalité du corps d’Octave s’habillant et essayant les milliers de vêtements peuplant sa garde-robe.

Plan américain, 00:08:57 à 00:09:00
Octave arrive pour la 1ère fois du film à la compagnie où il travaille (R&W)  en bolide automatisé et salut sarcastiquement ses confrères et consœurs de travail. Le plan américain est probablement utilisé pour lui donner de l’assurance tout en ajoutant un côté un peu ridicule à la façon qu’il se déplace sur son petit bolide.

Plan rapproché taille, 00:18:13 à 00:18:32
Octave et Charlie arrivent en retard à la compagnie Madone là où ils ont leur réunion pour une publicité de yogourt. La caméra les suit en contre-plongée avec un plan rapproché taille pour leur donner un air assuré car le fait d’arriver en retard était déjà prévu dans leur plan malgré l’importance de la rencontre avec les membres de la compagnie dont le directeur.

Plan rapproché épaule, 00:36:57 à 00:37:00
Sans aucun doute, ce plan a été utilisé pour cadrer le regard de Sophie, la copine et bientôt l’ex-copine d’Octave. Elle vient tout juste d’annoncer à celui-ci qu’elle est enceinte et Octave ne répond pas, il est troublé et flanche sous la responsabilité que cela implique.

Gros plan, 00:02:24 à 00:02:31
Au début, tout commence avec Octave qui saute du haut d’un édifice pour aller rejoindre la mort. Ce gros plan est employé alors que notre personnage principal observe la rue là où il va bientôt sauter. On veut ici aller chercher la peur dans son regard ainsi que tout le trouble et le dépassement qu’il vit face à son existence tout entière.

Très gros plan, 00:17:44 à 00:17:46
Ceci est le regard d’une femme dans une pub d’Octave qui, lui,  présente en voix off  des statistiques en lien avec la publicité en général. On vient avec ce plan cadrer les yeux en mettant l’œil droit sur un point de force des lignes des tiers pour donne de la puissance à l’image qui nous transmet une joie sans limite.

Insert, 00:43:04 à 00:43:07
Qualinet, le hamster d’Octave, est désormais mort, suite à ce que son maître l’ait coké. Cet insert est très intéressant car Qualinet représentait en quelque sorte le bon côté qui subsistait en Octave et sa mort nous démontre beaucoup plus que le simple décès de celui-ci. Le fait qu’il soit en très gros plan nous montre vraiment le côté dramatique de la chose.

Plan subjectif, 01:31:13 à 01:31:19
Toujours sur son île, soit son échappatoire à la société, Octave, après une intoxication alimentaire, se fait recueillir par un peuple indigène qui, à travers ce plan subjectif, lui offre un remède quelconque. On veut ainsi nous présenter le peuple tout en nous offrant une perspective de ce qu’Octave voit et ressent alors qu’il vient tout juste de s’éveiller dans un lieu qu’il ne connait pas. Un certain inconfort qui se transforme peu à peu en un certain confort nous est alors proposé à travers ce plan.

Vue en amorce, 00:34:20 à 00:34:25
Tout au long de ce champ-contre-champ mettant en scène  l’annonce de Sophie au restaurant du fait qu’elle est enceinte, les deux personnages sont souvent mis en amorce. Il en a été décidé ainsi probablement pour montrer l’attente des personnages l’un envers l’autre comme si  on regardait le personnage en focus des yeux du personnage en amorce et que l’on cherchait l’émotion dans les yeux de l’autre tout comme ce qui est fait dans la scène.

Vue en plongée, 00:55:36 à 00:55:40
Octave se retrouve dans un hôpital suite à une crise dû à une drogue et/ou à l’alcool qu’il a pris dans un de ses partys dont le but est d’oublier sa vie merdique. Il est assis sur un banc avec un interné en attendant Charlie et Jeff. « Pyjama », comme il l’appelle regarde les feuilles en riant et il se met à faire de même en se posant des questions sur la vie. Un genre de champ-contre-champ est utilisé entre chaque personnage et les feuilles, soit le point de vue utilisé pour cette vue en plongée. On met ainsi en valeur les questions qu’Octave se pose en voix off en lui donnant une sorte d’infériorité face à la grandeur du monde pour lui rappeler que lui aussi est humain et qu’un monde existe partout alentour de lui.

Vue en contre-plongée, 00:19:00 à 00:19:17
Octave entre dans la salle de réunion de Madone pour la publicité de yaourt. On lui donne du pouvoir et de l’importance avec cette  vue en contre-plongée, comme si rien de ce qui se trouve dans cette salle ne peut l’arrêter.

Overhead shot, 01:19:10 à 01:19:13
Octave se prépare à sauter pour une première et une dernière fois. On met l’emphase sur sa faiblesse tout en montrant ce qui se trouve sous ses pieds avec cet overhead shot.




Panoramique horizontal, 00:08:30 à 00:08:34
Octave arrive à la compagnie de publicité pour laquelle il travaille en petit bolide automatique et la caméra le suit. Ce panoramique donne un côté ridicule à la scène car Octave fait de grands détours pour rien.


Panoramique vertical, 00:32:37 à 00:32:48
Sophie a laissé Octave et celui-ci se retrouve seul chez lui. Il se met à regarder de la pornographie tout en mangeant et en buvant sur son sofa sans se ramasser d’où la véritable porcherie qu’est la table de son salon. Ce panoramique vertical passe tranquillement de la table de salon d’Octave jusqu’à celui-ci, étendu sur son divan. Octave prend alors un air pitoyable et délaissé avec cet effet cinématographique bien placé.

Panoramique circulaire, 00:51:47 à 00:51:53
Dans le délire d’Octave causé par la drogue et l’alcool, Jeff fait une publicité pour R&W dans laquelle Octave frappe violemment celui-ci. Ce panoramique suit tranquillement Jeff qui tourne un peu en rond autour de la caméra placé sur un axe fixe. Les effets de lumière et ce qui nous est montré grâce au panoramique donne un effet joyeux et léger à la scène.

Travelling avant, 00:23:54 à 00:24:02
Alfred Bullaire confronte directement Octave en lui disant que la publicité qu’il propose est mauvaise car elle ne prend pas en compte le public cible. S’en suit alors une confrontation de regards ainsi qu’une suite de travellings avant passant de l’un à l’autre, assis complètement à l’opposé autour de la table.  Ces travellings créent un effet de proximité tout en accentuant fortement la confrontation silencieuse qui prend l’ampleur d’une véritable guerre d’yeux.

Travelling arrière, 00:01:28 à 00:01:55
Au début du film, un travelling arrière partant de cette affiche est utilisé pour introduire le film. Un contraste nous est alors présenté entre la beauté de l’affiche en comparaison avec les conditions météorologiques extérieures. À la fin de ce travelling, nous tombons sur Octave se préparant à se suicider du haut d’un édifice.

Travelling vertical, 00:24:03 à 00:24:06
Lors de la confrontation de regards entre Alfred Bullaire et Octave, un travelling vertical est effectué sur le visage d’Alfred pour montrer tout le plaisir qu’il prend à emmerder Octave à travers les moindres traits de son visage alors qu’Octave pète carrément un plomb à l’autre bout de la table de réunion. Travelling très bien placé qui fait bien son effet !

Travelling latéral, 00:45:13 à 00:45:18
Octave paie une prostituée pour remplacer le manque de Sophie qu’il éprouve et la scène se déroule alors qu’il lui demande de se caresser en portant ses lunettes et le parfum de Sophie. Un travelling latéral s’effectue au même moment au pied du lit : la caméra longe celui-ci pour nous donner l’impression que nous les surprenons en train de passer à l’acte.

Travelling circulaire, 00:37:21 à 00:37:31
Octave, seul, et en manque de l’amour de Sophie est assis sur son bureau en train de penser à elle. La caméra le contourne en effectuant un travelling circulaire nous montrant ainsi à quel point Octave est perdu, triste et comment il se sent délaissé.



Caméra à l’épaule, 00:46:30 à 00:47:14
Octave, complètement dérouté, arrive à son condo et trouve une cassette de Sophie lui disant : « C’est la première et la dernière fois que tu vois ta fille. »Grâce à l’instabilité et le mouvement qu’elle crée, cette caméra à l’épaule démontre qu’Octave est confus, désespéré et qu’il ne sait plus sur quel pied danser pour revenir à son bonheur.  On découvre son désespoir intérieur profond à l’aide de cet effet cinématographique frappant.

Portrait, 00:28:22 à 00:28:25
Souvent, dans les films, on cadre le visage pour en faire un portrait. Il est alors conseillé d’enligner les yeux avec les points de forces de l’image pour créer un effet plus fort. Ici, Marc, le patron d’Octave le convainc de rester dans la compagnie alors qu’il désire ardemment partir. L’œil de Marc sous l’ombre est placé directement sur un point de force pour montrer un côté sombre de lui, manipulateur et vicieux, qui sait comment jouer avec Octave pour qu’il reste. En somme, un portrait très bien réussi !

Sujet en mouvement, 00:22:12 à 00:22:17
Lorsque des personnes sont en mouvement sur l’image, il est intéressant de laisser l’espace devant celles-ci pour soutenir le déplacement.  Comme on peut le voir avec ces deux femmes, ce conseil est appliqué et le mouvement en découle très bien. C’est la scène où les deux femmes de l’annonce pour la compagnie de produit laitier sont présentées au directeur et à ses associés.

Effet de reflet, 00:05:15 à 00:05:43
Avec ce miroir, le réalisateur vient chercher un effet comique pour exprimer la gueule de bois que vit Octave à son réveil au tout début du film. On peut remarquer que la personne reflétée dans le miroir n’est pas vraiment Octave ce qui démontre un peu la confusion et le malaise qu’il vit suite à sa fête du soir d’avant.

Effet de portail, 00:47:31 à 00:47:36
Effet de portail vraiment puissant ! « C’est la première et la dernière fois que tu vois ta fille. » Tel était le message joint à la cassette qui présente les images que nous voyons à la télévision qui est filmée dans le salon d’Octave. De plus, la caméra en angle nous montre particulièrement bien l’inconfort profond que vit Octave en voyant ces images, soit celles de son enfant, de sa fille ; celle qu’il partage avec Sophie.

Dans ce film, on ne retrouve aucun effet d’interdépendance et aucun zoom !

Critique :
Donc, pour ce film, je donne une cote de 8/10. À vrai dire, je n’ai pas particulièrement aimé parce que je l’ai trouvé superficiel, ridicule et absurde par moment. On nous présente à travers ce long métrage le monde de la publicité accompagné de tous ses maux. C’est sale, mauvais et plein de méchanceté. Par contre, c’est pour nous conscientiser sur ce milieu qui passe sous nos yeux à chaque seconde que tout cela nous est montré et c’est pour cette raison que je donne tout de même 8/10. De plus, Jean Dujardin est un de mes acteurs coup de cœur depuis toujours entre autre pour son humour et pour son sourire qui me fait particulièrement rire. Il nous montre au cours ce film un côté plus sombre de son jeu d’acteur et j’ai été sincèrement impressionné par ses capacités étonnantes. J’ai bien aimé la construction du film avec toutes ses images métaphoriques aux sens doubles voire triples ainsi que les retours dans le temps fréquents. La ligne du temps de ce film était superbement déconstruite et lui donnait une allure différente et intéressante. À voir si vous aimer les films français et si vous êtes ouverts à la nouveauté !